La Bible en temps de crise

Covid-19 !  Peut-être la fin d'un monde ?

"Un temps de crise n’est pas la fin du monde. Notre crise n’est pas la fin du monde. Bien que le réflexe de certains de nos contemporains soit d’aller chercher dans la Bible des signes de la fin pour commencer à calculer le temps ou les étapes qui restent, là n’est pas le but de la Bible. Son but est soit d’éviter la crise ou si celle-ci est déjà là, de proposer une porte de sortie. La Bible refuse que la crise soit la fin de l’histoire, puisque le maître de l’histoire est au-delà de la crise. En revanche, la crise peut être la fin d’un monde, dans ce sens que ce qui était, ce qui se vivait se trouve transformé, voire abandonné, et que de nouvelles manières d’agir et de penser émergent. La crise est toujours une occasion pour grandir, apprendre l’essentiel, découvrir ce qui compte vraiment. Sur ce point, la Bible est une source intarissable".

 

I. Himbaza (Université de Fribourg, Institut Dominique Barthélemy)


Textes du Pentateuque

  La création : un capitaine à bord  (communiqué de presse)

 Babel : unité ou diversité, faut-il choisir? (communiqué de presse)

 Les plaies d'Egypte: pas une crise sanitaire (communiqué de presse)

 Le Lévitique: distance sociale et amour (communiqué de presse)


Textes des Livres prophétiques

 JosuéLa tentation de profiter de la situation (communiqué de presse)

 Goliath: Face à Goliath, a-t-on tout essayé? (communiqué de presse)

 Josias: Hélas, Josias est mort! (communiqué de presse)

 Babylone: La déportation, traverser le tunnel en espérance (communiqué de presse)


Textes des "Autres Écrits"

  Psaume 91:  Le fléau est-il une punition de Dieu ? (communiqué de presse)

  Ruth, une ouverture au monde (à paraître)


Présentation de la série 

Professeur Innocent Himbaza (Université de Fribourg, Institut Dominique Barthélemy)

La grande partie de la Bible, que ce soit l’Ancien ou le Nouveau Testament a été écrite l’esprit tourné vers un temps de crise. Soit la crise était redoutée ou elle arrivait à grands pas sans que les gens s’en rendent compte. Soit elle était déjà là et l’on se demandait si et comment on allait s’en sortir. Soit encore elle était déjà passée et on en tirait les conséquences. Aucun prophète ne s’est levé quand tout allait bien.

Comme la Bible reflète une autre culture et une autre époque, qu’il faut par ailleurs décliner au pluriel, son approche des crises demande un recul des lectrices et lecteurs d’aujourd’hui. Il n’empêche que les humains d’hier, comme ceux d’aujourd’hui, ont été confrontés et ont réfléchi au sens de leurs crises. La Bible montre qu’au bout du tunnel il y a toujours la lumière, même si tout le monde n’y arrive pas. Que tirons-nous de ces expériences aujourd’hui ?

Le coronavirus (Covid-19) qui touche le monde entier et au sujet duquel on entend les termes de mort, crise, guerre, lutte, mais aussi espoir, solidarité, confiance, vie, etc., invite à revisiter les textes bibliques qui contiennent les mêmes termes. Au travers des récits surprenants, parfois choquants, ces textes proposent un regard qui dépasse la crise.

Les moments de crise ont toujours été pris au sérieux par les textes bibliques, et Dieu sait si ces moments ont parfois été dévastateurs. Cependant, de manière claire ou imagée, trop ingénieuse ou un peu maladroite à notre goût, les textes bibliques ont toujours encouragé, réconforté, montré une lueur d’espoir et annoncé le salut.

Un temps de crise n’est pas la fin du monde. Notre crise n’est pas la fin du monde. Bien que le réflexe de certains de nos contemporains soit d’aller chercher dans la Bible des signes de la fin pour commencer à calculer le temps ou les étapes qui restent, là n’est pas le but de la Bible. Son but est soit d’éviter la crise ou si celle-ci est déjà là, de proposer une porte de sortie. La Bible refuse que la crise soit la fin de l’histoire, puisque le maître de l’histoire est au-delà de la crise.

En revanche, la crise peut être la fin d’un monde, dans ce sens que ce qui était, ce qui se vivait se trouve transformé, voire abandonné, et que de nouvelles manières d’agir et de penser émergent. La crise est toujours une occasion pour grandir, apprendre l’essentiel, découvrir ce qui compte vraiment. Sur ce point, la Bible est une source intarissable.

Les récits bibliques montrent souvent que Dieu tire l’humain des situations pratiquement perdues. Là où à vues humaines il n’y a rien à tirer ni rien à espérer, là Dieu crée, fait émerger et sauve. Tous les grands personnages bibliques émergent des situations impossibles : un vieux couple aura une descendance (Abraham et Sara), un petit garçon et fils d’esclave, abandonné sur l’eau, conduira son peuple (Moïse), une veuve moabite deviendra arrière-grand-mère du roi Israélite (Ruth), un jeune berger oublié de tous deviendra roi (David), etc. Le défi humain est d’y reconnaître la main de Dieu.

Le temps de crise est un passage douloureux dont l’humain est parfois responsable. C’est sa résilience et sa confiance en Dieu qui le font avancer, qui le font traverser ce temps. Bien sûr la crise fait des dégâts et laisse des traces ou des mauvais souvenirs. Mais il faut dire qu’elle n’a pas le dernier mot et que l’humain se relèvera. Voilà le message de la Bible.

Lire la Bible en temps de crise est donc un exercice qui rappelle en même temps l’étrangeté et la proximité de ce livre, un livre qui dérange et qui surprend, mais qui encourage, qui relève et qui oriente vers la vie. Dans plusieurs cas, les récits et les réflexions bibliques se révèlent être d’une étonnante actualité.